[Troisième] Ministérielle de Transports de l'Hémisphère Occidental

DÉCLARATION MINISTÉRIELLE

[Version finale adoptée par les ministres le 16 décembre, 1998, à la Nouvelle Orléans]

PRÉAMBULE

Faisant fond sur l’esprit de collaboration et sur les réalisations des réunions que nous avons tenues à Tampa et Santiago, nous, ministres responsables des transports dans les Amériques, nous sommes rencontrés à la Nouvelle-Orléans afin de consolider notre engagement pour l’aménagement d’un réseau de transport intégré dans l’Hémisphère occidental en fonction des principes suivants : accroissement du développement économique et social, des échanges commerciaux et du tourisme, élargissement de la collaboration entre les pays de cette partie du monde au cours du 21e siècle, et partage équitable des avantages découlant des réseaux de transport intégrés parmi les États membres. Nous nous sommes réunis pour la première fois sous les auspices du Sommet des Amériques, et nous adhérons aux concepts énoncés lors du deuxième Sommet et convenons de collaborer pleinement sur les questions cruciales en matière de transport qu’ont approuvées les chefs d’État dans le plan d’action du Sommet. Nous reconnaissons les avantages économiques réels que présentent pour les Amériques une plus grande ouverture des échanges, une réglementation économique transparente et des politiques valables basées sur l’économie de marché, y compris des cadres efficaces de réglementation et les efforts du secteur privé pour accroître sa compétitivité. Nous sommes convaincus qu’un réseau de transports sûr, efficient, bien intégré et plus écologique joue un rôle prépondérant dans la croissance des échanges commerciaux entre les pays et dans la santé et le bien-être de nos citoyens. Pour nous, il est important de mettre ce rôle en valeur. Nous croyons en la nécessité d’aménager et d’entretenir une infrastructure des transports adéquate et d’assurer des services de transport efficients et adaptés aux besoins propres des pays insulaires et de petite taille. Nous estimons qu’il est nécessaire pour les institutions régionales qui œuvrent dans le secteur des transports de collaborer plus étroitement à l’aménagement d’un réseau de transport intégré qui viendra appuyer la croissance économique et les échanges commerciaux au cours du prochain millénaire. Le rapport intitulé Profil des réseaux de transport régionaux dans l’Hémisphère occidental que nous a présenté au cours de cette réunion la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) et qu’ont proposé les ministres des Transports en 1996 et inclus dans le plan d’action du sommet de 1998, renferme des renseignements supplémentaires essentiels au sujet des réseaux de transport régionaux et sous-régionaux de l’Hémisphère qui pourront nous être utiles dans le cadre de nos travaux et sur lesquels nous pouvons prendre maintenant appui. Le rapport de la CEPALC insiste sur plusieurs secteurs nécessitant une plus grande collaboration, et nous souscrivons à ce principe dans notre démarche pour l’aménagement d’un réseau de transport dans l’Hémisphère occidental qui correspondra aux enjeux et aux opportunités du prochain millénaire. Nous nous engageons à continuer de travailler ensemble pour examiner les problèmes communs dans le secteur des transports ainsi que pour concrétiser la vision du réseau de transport dans l’Hémisphère occidental sur laquelle nous nous sommes entendus au cours de cette réunion ministérielle.

OBJECTIFS ET STRATÉGIES

Pour faciliter l’accroissement des échanges commerciaux, du tourisme et des voyages d’affaires dans l’Hémisphère occidental et pour mettre au point l’infrastructure et les réseaux de transport intégrés à partir des travaux qu’effectuent les institutions régionales qui œuvrent dans ce secteur, nous avons l’intention d’intensifier nos efforts pour atteindre les objectifs ci-dessous :

1. Intégrer les politiques et les pratiques en matière de transport aérien, terrestre et maritime au sein même des modes de transport et dans les pays de l’Hémisphère occidental, par l’amélioration de la planification pour l’aménagement et l’entretien de l’infrastructure des transports, l’établissement de liens entre les institutions et les systèmes de transport régionaux et sous-régionaux et le partage d’information sur les meilleures pratiques pour ce qui concerne l’utilisation des mécanismes de financement tant traditionnels que novateurs. Nous réalisons toute l’importance de l’infrastructure physique et humaine dans la concrétisation de notre vision pour l’intégration des réseaux de transport de l’Hémisphère occidental du 21e siècle. D’autre part, nous nous engageons à partager et à transférer les connaissances et la technologie en matière de transport et à mettre en place une équipe composée des planificateurs et des travailleurs les plus perfectionnés et les plus compétents dans le domaine des transports en leur offrant des opportunités d’aide technique et de formation.

2. Améliorer la sécurité et la sûreté des transports et réduire les accidents mortels et les blessures reliés aux transports par la mise en œuvre des normes de réglementation convenues et de contre-mesures éprouvées d’ordre comportemental, et par la coordination des mesures de sécurité et de sûreté en matière de transport aérien, terrestre et maritime au sein des pays de l’Hémisphère occidental.

3. Intensifier les efforts au sein des pays membres pour la prévention des catastrophes et des incidents écologiques dans le secteur du transport et pour améliorer les opérations d’intervention à cet égard.

4. Établir de meilleurs liens entre les réseaux d’information sur les transports par l’amélioration de l’échange et la diffusion de ces renseignements parmi les pays de l’Hémisphère occidental, y compris les liens existant entre les données sur les transports et celles sur la santé, qui expriment les conséquences sociales et financières d’un accroissement du trafic. Pour des décisions éclairées en matière de planification, d’aménagement et de gestion efficiente de réseaux de transport régionaux et sous-régionaux, nous reconnaissons que les pays et les organismes de transport régionaux doivent se baser sur des données globales et à jour concernant les mouvements de passagers et de marchandises au sein de l’Hémisphère occidental.

5. Améliorer les liens entre la technologie des transports et la collaboration entre les pays de l'Hémisphère, pour ce qui concerne l’utilisation de la technologie dans les réseaux nationaux, sous-régionaux et régionaux de transport, en vue d’améliorer l’exploitation, l’efficience et la sécurité des systèmes, de réduire la congestion et les coûts de transport et de traiter efficacement les problèmes informatiques liés au passage à l’an 2000 dans le domaine des transports.

PLAN D'ACTION ET DOMAINES D'ACTION PRIORITAIRES

Pour marquer un pas en avant dans la mise en œuvre des actions et des priorités approuvées au cours de cette réunion ministérielle et de réunions antérieures et dans l’application du plan d’action du sommet sur les transports, nous convenons du plan et des domaines d’action suivants :

1. Plan d’action pour l’intégration : à partir de nos discussions tenues au cours de cette réunion ministérielle ainsi que des conclusions et des recommandations du Profil des réseaux de transport régionaux dans l’Hémisphère occidental présenté par la CEPALC, nous demandons à cette dernière d’élaborer, avec le concours du Comité exécutif de l’Initiative en matière de transports dans l’Hémisphère occidental, un plan d’action visant à l’intégration des réseaux de transport de cette partie du monde en vue d’atteindre efficacement les objectifs et de concrétiser la vision dont il vient d’être question. Le plan devrait faire état des principales politiques sur les transports à adopter et insister tout particulièrement sur le rôle crucial des ports en tant que portes d’entrée pour le transport intermodal des passagers et des marchandises. Il devrait également être question de la sûreté des transports. Le plan d’action, qui doit être terminé dans un délai d’un an à compter de la date de cette réunion ministérielle pour que nous puissions en prendre connaissance et en assurer le suivi, devrait comprendre, dans son analyse et ses recommandations, le rôle important joué par les transports dans le développement économique et la croissance des échanges commerciaux et du tourisme au sein des pays de l’Hémisphère occidental, y compris les petits pays et les pays insulaires.

2. Système de statistiques sur les transports : Reconnaissant l’importance de partager les renseignements et les données sur les transports parmi les pays membres pour l’intégration des réseaux et services de transport de l’Hémisphère, nous convenons de mettre au point un Système de statistiques sur les transports de l’hémisphère occidental en fonction des besoins actuels et futurs en matière de planification et d’investissements. Le système devrait être basé sur les travaux effectués dans le domaine de l’information sur les transports, être reliés, si la chose est possible, au Service d’information sur le commerce extérieur de l’OEA pour tous les pays du Sommet des Amériques et devrait fournir les informations nécessaires pour la planification normale des transports et pour les interventions d’urgence en cas de catastrophe dans ce secteur.

3. Plan d’intervention en cas de catastrophe : Reconnaissant que la destruction de l’infrastructure des transports pour des raisons météorologiques ou autres, nuit aux efforts de sauvetage, et que la reconstruction est un élément essentiel de la relance économique des pays de l’Hémisphère qui sont victimes de catastrophes, nous convenons d’élaborer un plan d’intervention en cas de catastrophe dans les transports au sein de l’Hémisphère occidental pour une intervention régionale et sous-régionale efficace.

4. Centre d’information sur les meilleures pratiques en matière de sécurité et d’intervention en cas d’incident : Pour une intervention plus rapide et plus efficace lorsque surviennent des incidents liés à la sécurité des transports et à l’environnement, nous convenons de mettre sur pied un centre d’information sur les meilleures pratiques et interventions pour ce qui concerne les incidents reliés à la sécurité des transports ou à l’environnement, et d’élaborer des politiques portant sur les conséquences d’une motorisation accrue et des autres formes de développement des transports au chapitre de l’environnement, de la santé et de la sécurité.

En raison de la nécessité de prendre en considération et de protéger le milieu marin fragile dans certaines régions de l’Hémisphère, nous recommandons vivement de renforcer les normes internationales régissant le transport aérien et maritime des déchets nucléaires et d'autres produits dangereux et une meilleure conformité avec celles-ci. Suite au Sommet de Santiago où l’on a demandé d’engager des discussions pour l’élaboration d’un programme de collaboration pour ce qui concerne le transport maritime et aérien des déchets nucléaires et d’autres produits dangereux, nous convenons : i) d’encourager activement et collectivement les transporteurs aériens et maritimes internationaux à se conformer en bonne et due forme aux normes de sécurité élaborées par l’Organisation maritime internationale (OMI), l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en matière de transport de ces produits; ii) d’engager des consultations avec d’autres pays qui exercent des activités de transport afin de discuter des problèmes et de mieux se comprendre; iii) de poursuivre les discussions régionales sur les progrès réalisés.

5. Rapport sur les meilleures pratiques en matière de financement de l’infrastructure des transports : nous demandons que la BID et la Banque mondiale élaborent conjointement un rapport sur les meilleures pratiques et les mécanismes novateurs pour le financement de l’aménagement, de l’amélioration et de l’entretien de l’infrastructure des transports au sein de l’Hémisphère occidental, une importance toute particulière étant accordée aux petites économies, et d’examiner toute la gamme des partenariats entre les secteurs publics et privés et les expériences des pays, des organismes régionaux de transport et des institutions multilatérales de financement.

6. Colloque de formation : Compte tenu de l’importance des liens à établir entre les institutions de formation sur les transports, nous convenons de mettre sur pied un centre d’information sur les échanges de personnel entre les ministères ou les organismes de transport des pays de l’Hémisphère occidental. Pour commencer, nous demandons que les organisations multilatérales et les institutions sous-régionales de transports parrainent conjointement, au cours des deux prochaines années, quatre colloques d’une semaine sur les transports (un en Amérique du Nord, un autre en Amérique centrale, dans les Caraïbes et enfin en Amérique du Sud). Ainsi, les responsables des transports sélectionnés dans les pays qui font partie de ces sous-régions pourront obtenir une formation sur les dernières politiques, techniques et pratiques en matière de transports.

7. Échanges d’information sur les technologies de transports : Afin de promouvoir l’adoption de technologies de transports harmonisées de même que la mise au point et l’utilisation la plus répandue possible des nouvelles technologies de transports pour un réseau régional efficient et économique, nous convenons de créer un mécanisme d’échange d’informations sur les technologies et systèmes de transports courants et nouveaux, y compris l’architecture des systèmes de transport intelligents (ITS).

8. Conférence A2K : Pour que tous les pays de la région prennent les mesures nécessaires pour surmonter les difficultés et éviter les conséquences négatives possibles du passage à l’an 2000 pour ce qui concerne le réseau de transport régional, nous convenons de tenir en 1999, une conférence à laquelle prendront part des représentants clé de nos pays qui s’occupent actuellement des problèmes A2K par rapport au secteur des transports.

PROCHAINES ÉTAPES

Nous, les ministres, reconnaissons que la rencontre d’aujourd’hui doit produire des résultats concrets et convenons de relancer l’Initiative en matière de transports dans l’Hémisphère occidental (ITHO) qui avait été lancée lors de notre réunion de 1996, de façon à concrétiser notre vision d’un réseau de transports régional intégré au 21e siècle, et à soutenir au maximum les objectifs du sommet des Amériques, y compris la Zone de libre-échange des Amériques. En conséquence, nous convenons de soumettre cette déclaration et le compte-rendu des décisions de cette réunion ministérielle, au Groupe de revue de la mise en œuvre du sommet (SIRG).

Pour nous assurer de mettre en œuvre le plan d’action du sommet sur les transports et de produire des résultats concrets dans les domaines prioritaires dont il vient d’être question, nous convenons que le Comité exécutif provisoire de l’ITHO, créé en 1996 et composé de représentants bénévoles de tous les pays ayant pris part au Sommet des Amériques, procède à la rédaction des mandats et, avec le concours des institutions internationales et régionales existantes et des tribunes sous-régionales, élabore un programme de travail biennal.

Nous estimons également que le comité exécutif de l’ITHO devra faire en sorte, conformément à la structure de négociations établies de la FTAA, qu’une attention particulière est accordée au traitement des questions de transport intéressant les pays de l’hémisphère.


© 2000 Comité éxecutif de l’Initiative de Transport de l’Hémisphère Occidental, et le Bureau du suivit des Sommets de l'Organization des Etats Américains
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